Un pupitre de lecture est un modeste projet de menuiserie, mais son résultat est très utile. Il ne demande pas d’assemblage complexe et peut être réalisé avec une petite collection d’outils à main. L’essentiel consiste à choisir une planche agréable contre les avant-bras, à façonner soigneusement les chants et à garder la butée avant assez basse pour retenir le papier sans gêner.
Le pupitre terminé peut reposer sur les cuisses pendant que vous écrivez, lisez, dessinez ou utilisez un petit ordinateur portable. Cette version se compose de trois éléments simples : une large surface d’écriture en bois dur, une butée avant basse et, en option, un support rembourré sous le plateau. Le coussin n’est pas indispensable, mais il rend le pupitre plus confortable lors d’une utilisation prolongée.
Prévoir les proportions
Une bonne dimension de départ est d’environ 56 à 66 cm de largeur sur 36 à 46 cm de profondeur. Ces dimensions ne sont qu’un repère. Mesurez le fauteuil ou l’endroit où vous prévoyez d’utiliser le pupitre, et tenez compte de la taille des livres ou des feuilles qu’il devra accueillir.
La planche doit être assez grande pour votre activité, mais pas assez profonde pour que son bord arrière appuie inconfortablement contre votre corps. Un pupitre légèrement moins large est souvent plus facile à équilibrer. Si la planche est massive et plane, visez une épaisseur d’environ 19 à 25 mm.
La butée avant peut mesurer environ 13 à 25 mm de haut. Elle doit empêcher un carnet de glisser vers l’avant, sans donner l’impression d’une barrière sous les poignets. Un bord supérieur arrondi ou adouci est plus confortable qu’un angle vif.
Choisir la planche
Une planche stable en bois dur convient bien à ce projet. L’érable, le hêtre, le frêne, le chêne, le cerisier et les essences similaires peuvent toutes donner de bons résultats si le bois est sec, sain et raisonnablement droit. Choisissez une planche sans grandes fentes, nœuds instables ni profondes marques dans la zone d’écriture.
L’apparence dépend de vos goûts. Un bois clair à grain serré donnera une surface sobre et régulière, tandis qu’une planche au veinage plus marqué rendra le pupitre plus décoratif. Évitez les planches fortement cintrées ou vrillées, à moins de disposer déjà des outils et de l’expérience nécessaires pour les aplanir.
Rentrez la planche à l’intérieur avant de commencer si elle a été stockée dans un endroit humide ou froid. Laissez-la s’acclimater dans la pièce où elle sera utilisée, en la soutenant de façon à ce que l’air puisse circuler sur ses deux faces. Les changements brusques d’humidité peuvent affecter le bois, et un projet soigné est plus facile à réaliser avec une planche déjà raisonnablement stable.
Photo d’Alexander Andrews sur Unsplash.
Matériaux et outils à main
Vous aurez besoin de :
- Une planche en bois dur pour la surface du pupitre
- Un morceau droit de bois dur pour la butée avant
- De la colle à bois
- Deux vis à bois ou davantage, ou des chevilles adaptées
- Du papier abrasif à grain moyen et fin
- De l’huile-cire dure ou de la gomme-laque
- Du tissu en coton et du rembourrage pour un coussin facultatif sous le plateau
Les outils utiles comprennent un crayon, une règle, une équerre, une scie à main, un rabot à replanir ou une râpe, une perceuse et des mèches, des serre-joints et un tournevis. Un wastringue peut être utile pour arrondir les chants, mais il n’est pas indispensable. Une cale à poncer donne des résultats plus réguliers que du papier abrasif simplement plié dans la main.
Si vous utilisez des outils électriques, suivez leurs instructions et portez une protection adaptée pour les yeux et l’ouïe. Immobilisez la planche avant de la scier, de la percer ou de la raboter. Gardez les doigts éloignés de la trajectoire de coupe et ne tenez pas une petite pièce de bois dans la main pendant que vous la percez.
Étape 1 : tracer et préparer la planche
Examinez les deux faces et choisissez celle que vous préférez pour le dessus. Marquez le bord avant d’un petit trait de crayon afin de conserver clairement l’orientation pendant le travail.
Si la planche est plus large ou plus profonde que prévu, tracez les lignes de coupe avec une équerre. Vérifiez les mesures depuis plusieurs points, car un chant d’usine n’est pas toujours parfaitement d’équerre. Sciez lentement et soutenez la partie qui sera éliminée afin de réduire les éclats.
Utilisez une équerre pour contrôler les angles. Ils n’ont pas besoin d’être parfaitement vifs ; des coins légèrement adoucis sont en fait plus agréables pour les vêtements et la peau. Marquez un petit rayon à chaque coin, ou supprimez simplement la pointe avec une scie puis affinez la courbe avec une râpe ou du papier abrasif.
Avant de façonner quoi que ce soit, posez la planche sur vos genoux en position assise. Observez où les bords arrière et avant touchent votre corps. Cet essai simple peut révéler si le pupitre est trop profond ou trop large pour être confortable.
Étape 2 : adoucir les chants
Les chants tranchants d’une planche sont faciles à négliger et désagréables au quotidien. Commencez par casser leur arête avec un rabot à replanir, une râpe ou un papier abrasif grossier. Il suffit d’un petit chanfrein ou d’un léger arrondi, pas d’un biseau profond.
Travaillez régulièrement le long des chants et autour des coins. Déplacez l’outil dans le sens qui produit la coupe la plus nette. Lors du rabotage du bois de bout, effectuez des passes très légères ou travaillez depuis les deux extrémités afin de réduire le risque de fendre le coin.
Passez doucement le bout des doigts sur le chant une fois celui-ci façonné. Votre main repérera des aspérités que l’œil ne remarque pas toujours. Ne testez pas un chant non fini en y faisant glisser rapidement la paume : des échardes peuvent rester même lorsque la surface semble lisse.
Étape 3 : fabriquer la butée avant
Coupez un tasseau droit à la largeur du pupitre, ou légèrement plus court si vous préférez que le plateau reste visuellement ouvert sur les côtés. Un tasseau d’environ 25 à 50 mm de largeur et de 13 à 25 mm de hauteur suffit pour de nombreux pupitres.
Adoucissez le bord avant supérieur et les deux extrémités du tasseau. S’il est trop haut, il gênera l’écriture. S’il est trop bas, il ne retiendra peut-être pas correctement un carnet. Posez-le sans le fixer sur la planche et faites un essai avec un livre ou un bloc de papier avant de le mettre en place.
Placez la butée près du bord avant, en laissant suffisamment de place derrière elle pour les mains et le matériel d’écriture. Marquez sa position au crayon. Il est généralement inutile de laisser un espace entre la butée et le bord avant ; la placer près du bord donne au pupitre une apparence simple et équilibrée.
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Étape 4 : fixer la butée
La colle suffit pour certains projets peu sollicités, mais une fixation mécanique rend la butée plus fiable. Les vis sont simples à utiliser et permettent de réparer l’assemblage. Les chevilles donnent une apparence plus nette, mais demandent un perçage plus précis.
Pour les vis, marquez deux ou trois emplacements le long de la butée. Percez des trous de passage dans la butée et des avant-trous dans la planche. Fraisez légèrement la face extérieure afin que les têtes de vis affleurent ou se trouvent juste sous la surface. Utilisez des vis assez courtes pour qu’elles ne puissent pas ressortir sur le dessus du pupitre.
Appliquez une quantité modérée de colle à bois sur les surfaces en contact, placez la butée sur ses repères et serrez-la si possible. Vissez en maintenant la butée perpendiculaire au bord avant. Essuyez la colle qui déborde avec un chiffon humide, en prenant soin de ne pas l’étaler sur le bois voisin.
Pour des chevilles, marquez les centres correspondants sur la butée et la planche, percez soigneusement à une profondeur maîtrisée et assurez-vous que les trous restent alignés. Faites un montage à blanc avant d’appliquer la colle. Un assemblage chevillé ne vaut que par la précision de son alignement ; prenez donc le temps de bien préparer le tracé.
Laissez la colle durcir conformément aux instructions du produit avant de poncer fortement ou d’utiliser le pupitre. Ne vous fiez pas à un assemblage qui bouge encore ou semble humide.
Étape 5 : poncer le pupitre
Commencez avec un abrasif moyen pour éliminer les marques de crayon, les traces de sciage et les marques laissées par les outils. Poncez dans le sens du fil lorsque c’est possible, en particulier sur les grandes faces visibles. Utilisez une cale à poncer sur la surface d’écriture afin qu’elle reste plane.
Passez à un abrasif plus fin lorsque la surface est régulière. Le but est d’obtenir une surface douce et agréable, non une surface polie. Arrêtez-vous et examinez la planche sous une lumière rasante ; les rayures qui traversent le fil apparaissent souvent plus clairement ainsi.
Adoucissez également les chants sous le plateau. Ils n’ont pas besoin d’être aussi raffinés que ceux du dessus, mais des coins rugueux peuvent accrocher le tissu ou être désagréables lorsque vous déplacez le pupitre. Éliminez toute la poussière de ponçage avec une brosse ou un chiffon propre avant la finition.
Évitez d’appuyer fortement avec un papier abrasif fin. La pression peut donner l’impression que la surface est lisse tout en laissant des creux irréguliers autour des zones de bois plus dur. Des passes légères et régulières donnent un meilleur résultat.
Étape 6 : ajouter un coussin facultatif sous le plateau
Un support rembourré sous le plateau peut rendre le pupitre plus confortable sur les cuisses et l’aider à rester en place. Il peut prendre la forme d’un long coussin près du bord arrière, de deux petits coussins de chaque côté ou d’un panneau peu épais rembourré.
Coupez un morceau de tissu en coton suffisamment grand pour envelopper le rembourrage avec un petit recouvrement. Pliez ou cousez les bords, placez le rembourrage à l’intérieur et fermez solidement l’ouverture. Du feutre de laine, de la ouate de coton ou un autre rembourrage textile ferme peuvent convenir. Un coussin trop souple risque de s’aplatir rapidement ; un rembourrage modérément ferme offre généralement un meilleur soutien.
Fixez le coussin sous le plateau avec des liens en tissu, de petites vis accompagnées de rondelles ou une colle choisie avec soin et adaptée aux deux matériaux. Gardez la fixation peu profonde et assurez-vous qu’aucune vis ne puisse traverser le plateau. Si le coussin est amovible, il sera plus facile à nettoyer ou à remplacer.
Vous pouvez utiliser une butée en bois sous le plateau à la place du tissu si vous souhaitez que le pupitre s’appuie contre le corps avec un arrêt fixe. Arrondissez soigneusement ses bords et testez sa position en étant assis avant de la fixer.
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Étape 7 : appliquer une finition discrète
L’huile-cire dure donne au bois un aspect naturel et peu brillant, tout en étant facile à renouveler. Appliquez une couche fine avec un chiffon non pelucheux, en suivant les instructions du produit. Laissez-la pénétrer ou agir pendant la durée indiquée, puis essuyez tout l’excédent. Des amas de finition peuvent rester poisseux et irréguliers.
La gomme-laque est une autre option adaptée. Elle sèche rapidement et peut donner au bois un brillant doux et chaleureux, mais il vaut mieux appliquer plusieurs couches fines qu’une seule couche épaisse. Lissez légèrement la surface entre les couches si la finition fait quelque peu relever le fil du bois.
Quelle que soit la finition choisie, travaillez dans un endroit aéré et faites sécher les chiffons à plat en toute sécurité. Lisez l’étiquette pour connaître les consignes d’élimination, notamment pour les chiffons imbibés d’huile. Laissez le pupitre fini durcir complètement avant d’y poser des livres, du tissu ou du matériel d’écriture.
Erreurs utiles à éviter
- Faire la butée avant trop haute : faites un essai avec les mains en position d’écriture avant de la fixer.
- Négliger les coins : les angles vifs sont inconfortables et risquent davantage de s’ébrécher.
- Utiliser des vis sans avant-trous : cela peut fendre une butée étroite ou faire dévier la vis.
- Poncer uniquement le dessus : le dessous et les chants font partie de l’objet et ne doivent pas rester rugueux.
- Appliquer trop de finition : les couches fines sont plus faciles à contrôler et donnent une surface plus régulière.
- Négliger l’équilibre : essayez le pupitre non fini sur vos genoux avant d’ajouter un coussin ou une butée sous le plateau.
Un pupitre de lecture fabriqué à la main n’a pas besoin d’une construction élaborée. Une planche stable, une butée avant soigneusement placée et des chants façonnés pour les mains suffisent à créer un objet utile. Laissez le bois rester visible, gardez la finition discrète et soignez particulièrement les parties qui touchent le plus souvent le corps. Le résultat doit être stable sans être lourd, et assez sobre pour s’intégrer naturellement à l’usage quotidien.