Un banc de sciage traditionnel est un petit meuble d’atelier à la grande utilité pratique : il maintient le bois bas, fermement tenu et à portée de scie. Il est particulièrement utile lorsque l’on travaille seul. Au lieu d’équilibrer une planche sur des tréteaux, de s’agenouiller sur elle au sol ou d’essayer de gérer une longue coupe à hauteur d’établi, vous pouvez bloquer l’ouvrage sous un pied et scier dans une position détendue.
Sa forme est simple : un plateau massif, deux paires de pieds évasés aux extrémités, et une encoche peu profonde en V pratiquée dans l’un des longs bords. L’encoche retient les planches étroites pendant le délignage. Le large plateau soutient le bois pendant les coupes transversales. Sa faible hauteur vous permet d’exercer une pression verticale contrôlée sur l’ouvrage sans monter sur le meuble ni forcer vos épaules vers le haut.
Le banc décrit ici est volontairement simple. Il peut être fabriqué avec du bois de construction sain, des planches de récupération ou des chutes de bois dur. Des vis ou des clous forgés conviennent. Les qualités importantes sont la rigidité, une assise large et un plateau qui tolérera les traits de scie.
Des dimensions utiles pour un banc de sciage polyvalent
Pour la plupart des travaux aux outils manuels, réalisez un plateau d’environ 36 pouces de long, 10 à 12 pouces de large et 1 1/2 à 2 pouces d’épaisseur. Une hauteur finie d’environ 18 à 20 pouces convient à de nombreux adultes. Le banc est assez bas pour bloquer une planche avec le pied, mais assez haut pour éviter de passer la journée courbé en deux.
Il n’existe pas de mesure sacrée. Si vous êtes grand, travaillez avec des planches particulièrement larges ou prévoyez d’utiliser le banc surtout pour le délignage, vous préférerez peut-être une version légèrement plus longue ou plus haute. Avant de débiter les pièces, empilez quelques chutes à la hauteur envisagée et essayez la position avec une planche et une scie. Vous devez pouvoir vous tenir debout avec un pied sur l’ouvrage, le genou légèrement fléchi et le bras de sciage libre de ses mouvements.
Voici une disposition de départ solide :
- Plateau : 36 pouces de long sur 11 pouces de large et 1 1/2 pouce d’épaisseur.
- Pieds : quatre pièces d’environ 16 1/2 pouces de long, en tenant compte de l’épaisseur du plateau.
- Bois des pieds : 1 1/2 pouce d’épaisseur et 3 à 4 pouces de large.
- Traverses basses : deux pièces entre chaque paire de pieds, si le bois est étroit ou si le banc sera soumis à un usage intensif.
- Encoche : une encoche en V ou ouverte sur le côté, d’environ 2 pouces de profondeur, centrée sur un long bord du plateau.
Le banc fini n’a pas besoin d’être élégant, mais il doit reposer sans vaciller. Un banc de sciage est souvent déplacé d’une seule main, brièvement utilisé comme marchepied pour disposer le bois, et soumis à une pression latérale lors d’un délignage énergique. Donnez-lui une empreinte au sol suffisamment large pour qu’il demeure stable sous ces efforts.
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Matériaux et outils
Choisissez des planches sèches et droites, sans fentes profondes, nœuds lâches ni fort gauchissement. Le bois tendre convient parfaitement à un premier banc de sciage. Le bois dur donnera un plateau plus durable, mais il n’est pas indispensable. Un plateau constitué de deux ou trois planches collées sur chant convient également, à condition que le joint de colle soit solide et que le panneau fini soit dressé.
Matériaux
- Une planche massive ou un panneau lamellé pour le plateau
- Quatre ébauches de pieds en bois tendre ou en bois dur
- Deux planches de traverse facultatives
- Vis à bois ou clous forgés
- Colle à bois
- Huile ou cire de finition, si souhaité
Outils
- Scie égoïne ou scie à tenons
- Trusquin, crayon, équerre et règle
- Perceuse et mèches pour avant-trous et fraisages
- Ciseaux à bois et maillet, pour réaliser des assemblages à entaille ou à mortaise
- Rabot de paume ou rabot de finition
- Serre-joints
- Râpe ou lime pour adoucir les arêtes
Une construction simple vissée est rapide et fiable. Si vous préférez une approche plus traditionnelle, vous pouvez encastrer les pieds dans de légers logements sous le plateau et les renforcer avec de la colle et des clous forgés. Le banc n’exige pas d’assemblages élaborés, mais il profite d’assemblages qui résistent au déversement.
Préparez le plateau et tracez les pieds
Commencez par le plateau. Rabotez ou poncez les échardes grossières, sans chercher une finition digne d’un meuble raffiné. La face supérieure doit être raisonnablement plane afin que les planches reposent sans basculer. Gardez le dessous suffisamment régulier pour que les pieds s’y appuient proprement.
Tracez un axe central sous le plateau. Placez chaque paire de pieds à environ 4 à 5 pouces des extrémités. Cela laisse assez de porte-à-faux de chaque côté pour soutenir une planche tout en maintenant les paires de pieds largement espacées.
Les pieds doivent s’évaser dans le sens de la longueur du banc et, si possible, légèrement dans sa largeur. Même un faible évasement améliore grandement la stabilité. Une méthode simple consiste à incliner chaque pied d’environ 10 degrés par rapport à la verticale, vu de l’extrémité. L’angle exact importe moins que la symétrie entre les pieds opposés.
Vous pouvez former le haut des pieds de deux manières :
- Pieds à extrémité carrée avec tasseaux vissés. Gardez les pieds carrés, fixez un tasseau transversal sous le plateau à chaque extrémité et vissez les pieds au tasseau. Cette méthode est simple et permet aux pieds de s’évaser dans le sens de la longueur.
- Épaulements de pieds inclinés. Coupez le haut des pieds selon l’angle choisi afin qu’ils rencontrent le dessous du plateau. Collez-les et fixez-les directement au plateau, de préférence dans un logement peu profond qui les empêchera de glisser.
La première méthode est souvent plus facile avec peu d’outils. La seconde donne un banc plus net et plus intégré. Dans les deux cas, faites un montage à blanc de toutes les pièces avant d’utiliser colle ou fixations.
Découpez l’encoche avant l’assemblage
L’encoche est l’une des vertus discrètes d’un banc de sciage traditionnel. Lors du délignage d’une planche étroite, placez son extrémité éloignée dans l’encoche ouverte et tenez-vous sur la partie proche de la planche. L’encoche empêche le bois de partir de côté tandis que la scie suit le trait.
Tracez l’encoche sur un long bord du plateau. Un V large, d’environ 3 à 4 pouces de largeur au bord et 2 pouces de profondeur, fonctionne bien. Évitez de la faire trop étroite. Vous travaillerez avec des planches de différentes largeurs, et une ouverture généreuse est plus utile qu’une fente serrée.
Sciez le long des deux lignes inclinées, puis évacuez le déchet à la scie à chantourner, au ciseau ou à l’aide d’une série de traits de délardement. Nettoyez les faces intérieures à la râpe ou au ciseau. Arrondissez légèrement les arêtes de l’encoche afin qu’elles ne marquent pas le bois que vous maintenez.
Certains bancs de sciage utilisent une encoche ouverte aux côtés carrés plutôt qu’un V. Les deux formes fonctionnent. Le V pardonne davantage lorsque la planche n’est pas parfaitement alignée, tandis qu’une encoche carrée offre un épaulement plus franc pour certaines coupes. Pour un premier banc, le V est simple et polyvalent.
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Assemblez le bâti
1. Réalisez les deux assemblages de pieds
Associez les pieds par paires à chaque extrémité du banc. Si vous utilisez des traverses, installez une traverse basse entre chaque paire, à environ 4 à 6 pouces au-dessus du sol. La traverse peut être logée dans de petites entailles des pieds, vissée entre eux ou clouée depuis l’extérieur.
Gardez les extrémités inférieures des pieds plus écartées que leurs extrémités supérieures. Vérifiez que les deux assemblages ont le même écartement. Posez-les sur une surface plane et comparez leur hauteur avant toute fixation définitive.
2. Ajoutez des tasseaux ou taillez de légers logements
Pour une construction à tasseaux, vissez un solide tasseau sous le plateau à chaque emplacement de pieds. Le tasseau doit traverser la largeur du plateau. Il offre aux pieds une large surface d’appui et réduit la contrainte exercée sur les vis.
Pour fixer les pieds directement, marquez leur emplacement sous le plateau et taillez de légers logements au ciseau. Un creux de quelques millimètres seulement suffit à positionner chaque pied. Le logement n’a pas besoin d’être élégant ; il sert à empêcher le pied de glisser vers l’extérieur à l’usage.
3. Fixez les pieds au plateau
Retournez le plateau sur une surface plane. Positionnez les assemblages de pieds en vérifiant que leur évasement est régulier et que le banc reposera d’aplomb une fois retourné.
Appliquez de la colle aux endroits où le bois rencontre le bois si vous en utilisez. Percez des avant-trous avant de poser les vis, en particulier près des extrémités des planches. Deux vis solides à chaque liaison entre un pied ou un tasseau sont généralement plus fiables qu’une seule grosse vis. Fraisez les têtes pour qu’elles n’accrochent pas les vêtements et ne rayent pas d’autres ouvrages.
Les clous forgés conviennent également, surtout lorsqu’ils sont associés à la colle et à un assemblage logé. Percez des avant-trous dans le bois dur ou le bois tendre sec afin de limiter les fentes. Enfoncez les clous avec soin et ne les rivezez que lorsque la construction le permet ; un rivetage inutile peut compliquer les réparations futures.
4. Vérifiez la résistance au déversement
Retournez le banc sur un sol plan. Appuyez successivement sur chaque coin. S’il vacille, déterminez si un pied est trop long ou si le sol est irrégulier. Raccourcissez progressivement un pied trop long avec un rabot ou une scie ; ne retirez pas de matière au hasard sur plusieurs pieds.
Saisissez ensuite le plateau et poussez-le d’un côté à l’autre. Un léger mouvement sur un banc léger en bois tendre n’est pas inhabituel, mais un déversement évident demande un renfort. Ajoutez des traverses basses, des contreventements diagonaux sous le plateau ou une solide pièce transversale reliant les paires de pieds.
Adoucissez les arêtes et appliquez une finition légère
Cassez toutes les arêtes apparentes avec un rabot de paume, une râpe ou du papier abrasif. Les coins du plateau méritent une attention particulière, car vos mains et vos tibias les rencontreront souvent. N’arrondissez pas excessivement le plateau : une arête légèrement vive est utile pour caler une équerre ou appuyer une planche contre le côté.
Une finition est facultative. Une couche d’huile siccative ou une fine finition à la cire aide le banc à résister à la saleté de l’atelier et facilite l’élimination des gouttes de colle. Gardez la finition discrète. Un film épais et glissant est inutile sur une surface destinée à accrocher le bois et à recevoir des marques accidentelles de scie.
Laissez toute finition sécher complètement avant d’utiliser le banc. Les chiffons imbibés d’huile de finition peuvent chauffer pendant le séchage ; faites-les sécher à plat et en sécurité à l’extérieur, ou rangez-les dans un contenant métallique fermé approprié, selon les instructions du fabricant de la finition.
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Bien utiliser le banc de sciage
Pour une coupe transversale, posez la planche sur le plateau, avec le trait de coupe juste au-delà du bord éloigné. Tenez-vous sur l’extrémité proche de la planche, en gardant votre pied bien éloigné du trait de scie. Soutenez la chute si elle est longue ou lourde afin qu’elle ne casse pas en arrachant les fibres à la fin de la coupe.
Pour un délignage, faites passer la planche dans la longueur du banc et engagez son extrémité éloignée dans l’encoche. Tenez-vous sur l’extrémité proche en exerçant une pression mesurée. La planche doit être fermement maintenue, sans être écrasée contre le banc. Déplacez votre pied et votre corps à mesure que la coupe avance plutôt que de vous étirer maladroitement vers l’avant.
Gardez le trajet de la scie dégagé des vis, des clous et du corps principal du banc. Le plateau d’un banc de sciage est censé acquérir de légers traits de scie au fil du temps. Il n’est pas destiné à être sacrifié à des coupes profondes. Essayez de laisser la lame passer juste au-delà d’un bord ou dans une bande sacrificielle remplaçable lorsque cela est possible.
Erreurs à éviter
Faire le banc trop haut
Un banc haut force à relever les épaules et rend difficile le blocage d’une planche sous le pied. En cas de doute, faites le banc légèrement trop bas. Vous pourrez ajouter plus tard de fines cales sous les pieds, tandis que raccourcir un banc trop haut modifie la géométrie des pieds.
Employer des pieds étroits et verticaux
Des pieds droits avec une petite empreinte au sol donnent un banc instable pendant le délignage. Des pieds évasés et des traverses basses ont plus de valeur que des détails décoratifs.
Découper une encoche trop petite
Une fente étroite ne convient qu’à une épaisseur de planche ou à une tâche précise. Laissez l’encoche suffisamment large et ouverte pour accepter du bois brut, légèrement déformé.
Compter sur les vis sans avant-trous
De grosses vis enfoncées dans du bois sec près d’une arête peuvent fendre le pied ou le plateau. Les avant-trous prennent peu de temps et rendent la fixation plus fiable.
Se tenir négligemment sur un bois instable
Le banc maintient bien l’ouvrage, mais il ne dispense pas d’être attentif. Gardez un appui sûr, évitez de vous tenir sur de courtes chutes ou des planches cintrées, et ne placez jamais un pied là où une scie qui glisse pourrait l’atteindre.
Un banc de sciage traditionnel bien fabriqué se marque et s’adoucit avec l’usage : de légers traits de scie le long du bord, des zones plus foncées où les mains se sont posées, peut-être une traverse remplacée des années plus tard. Sa valeur ne réside pas dans le fait de rester intact. Elle réside dans sa capacité à rendre la prochaine pièce de bois plus calme, plus stable et plus facile à couper.